Notre École ne fait plus école (Yves Coup)

Notre École ne fait plus école…

  Quelle est la différence y a-t-il entre un paquet de pâtes, un pot de moutarde et le corps enseignant ? Il n’y en a aucune : en période de pénurie, on doit les payer plus cher. Ceci dit, les profs, si on les prend pour de bonnes pâtes… la moutarde risque de leur monter au nez…

  L’État se voyant obligé d’embaucher des contractuels formés en 4 jours avec « une fronde » du fait d’une incurie chronique qui dure depuis fort longtemps, les écoles et lycées se trouveront dans l’obligation de jongler avec une rentrée qui promet d’être quelque peu chaotique. Comment ne pas s’étonner dès lors si « les gens du métier » manifestent leur mécontentement fort légitimement et tirent la sonnette d’alarme comme ils le font depuis des années sans avoir été entendus ?

  Alors, ils mèneront des actions qui vite passeront pour impopulaires ; alors tout le monde, oublieux des vrais motifs, gueulera qu’ils prennent les enfants en otage, qu’ils sont sans arrêt en grève, qu’ils sont toujours en arrêt-maladie, qu’ils ont assez de vacances et patati et patata…

  Et bien peu de gens penseront, dérangés qu’ils sont, que les enseignants font grève tout simplement parce qu’ils sont inquiets de l’état dans lequel se trouve l’École. Et Macron viendra faire un grand discours démago pour expliquer que l’Éducation va mal. Comme s’il découvrait soudain les réalités du terrain… Tu parles ! Et moi je me souviendrai des multiples réformes des multiples ministres que j’ai subies tout au long de ma carrière… pour en arriver là. Vingt-cinq ministres en pas moins de 50 ans, chacun y allant de sa prétendue réforme… pour en arriver là !… Là, c’est, de promesses électorales en renoncements coupables, une dégringolade dans les classements mondiaux d’un enseignement français qui faisait l’admiration de tous les autres pays il n’y a pas si longtemps… et la fierté de mes collègues issus d’un système qui, à l’époque, se donnait le moyen de ses ambitions au travers des Écoles Normales.

  Au point qu’on se demande comment redresser la barre. La réponse ? Ce n’est pas en répétant en boucle un mot Réforme, réforme, réforme, dans lequel aucun politique ne sait quoi mettre, c’est en donnant les MOYENS, les vrais, financiers et humains, ceux que les politiques n’ont pas en fait réellement envie de donner à l’École et à nos enfants…

  A croire que cet immobilisme coupable est une stratégie sociétale de « tri des élèves» pour le moins inquiétante.
Yves Coup
Gan

Article remis par son signataire au journal « La République », et publié sur notre site avec son autorisation.



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Le mot du Président
Chers amis et collègues,
Ce mot pour vous dire que les 2 exemplaires de l’expo itinérante sur le sport scolaire, inaugurée au lycée Jacques Monod à Lescar, lors de notre dernière assemblée générale,

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